Le lycée a reçu la visite, le Lundi 10 Novembre, de Nicolas DUBREUIL, pour deux sessions
de conférence/débats autours du thème : "Le Groenland - Le Réchauffement Climatique".
Nous commençons déjà par le remercier de s'être déplacé.
- Nicolas DUBREUIL - son métier, sa vie
Nicolas DUBREUIL a commencé sa conférence par se présenter. Originaire de France,
Il fit sa première expédition au Groenland à l'âge de 17 ans (il en garde d'ailleurs
un très mauvais souvenir). A présent il est guide des régions Arctiques et Antarctiques.
Aujourd'hui, il passe, chaque année, entre 6 et 10 mois sous la tente, afin d'accompagner des
cinéastes, archéologues, scientifiques et sportifs dans l'intimité des peuples de l'Arctique.
Avant qu'il ne commence cette profession toute l'année, il avait obtenu une thèse en informatique.
Il est également fervent défenseur de la nature, expose ses photographies et donne des conférences.
Il informe aussi sur les dangers de son métier. Il est lui même tombé dans l'eau après avoir traversé
la banquise. Il fut à deux doigts (ironique) de se faire amputer les orteils. Cette expérience l’a
rapproché des personnes handicapées. Il emmène parfois avec lui des personnes sourdes, aveugles ou
amputées dans ses expéditions.
Groenland : territoire 5 fois plus grand que la France, pour seulement 56 000 habitants (Nuuk, la
ville la plus peuplée en est à 14 800, soit moins que Guérande). Cette région polaire regorge de
ressources minières et d’hydrocarbures. Il a bien expliqué, que le Groenland va subir de forts conflits,
pour s'approprier des territoires. Plusieurs pays seraient "habilité" à en posséder une partie. Le Groenland
veut cependant déclarer son indépendance au Danemark. Les Inuits du Groenland sont allés aux urnes en
novembre pour se prononcer sur une autonomie élargie qui ouvre la voie vers l'indépendance totale de cette
île, la plus grande de l'Arctique, après presque trois siècles d'hégémonie danoise. Tout cela est dû au
réchauffement climatique, qui découvre des zones de son manteau neigeux. Les pays qui revendiquent ceci
sont principalement les Etats Unis, le Canada, la Norvège et la Russie. Une nouvelle Guerre froide (cette
fois ci au sens propre) se prépare-t-elle ou faut-il faire du cercle polaire une aire de paix et de prospérité ?
Aujourd'hui, c'est le réchauffement climatique qui fait se lever de nouveaux bataillons de conquérants : si
les glaces reculent, les vastes réserves de pétrole que l'on suppose dormir en Arctique (20 % des réserves
mondiales estimées) ne seront-elles pas accessibles ? Des minerais rares comme l'or ou le diamant ne feront-ils
pas leur apparition sur les terres ainsi libérées ? Les routes maritimes ainsi ouvertes ne feront-elles pas du
Groenland une nouvelle frontière industrielle et touristique ?
Le Groenland a un fort potentiel de réserve historique. En effet, avec des carottes de glace, nous pouvons
remonter le temps et étudier le climat, les précédents réchauffements climatiques. En creusant un mètre, on
tombe sur une couche de glace du temps de Charlemagne, en creusant un mètre supplémentaire, on remonte à Jésus
Christ.
Le Groenland est une région difficile d’accès, le ravitaillement se fait une fois tous les six mois, Internet y
est gratuit, pour que chacun puisse communiquer avec l'extérieur. Les Groenlandais sont solidaires entre eux. En
cas de destruction de bateau par des icebergs, ils sont prêts à se réveiller en pleine nuit, pour dégager de l'eau,
toutes les embarcations victimes ou menacées de ces lames.
Le réchauffement climatique était le principal sujet de cette conférence. Nicolas DUBREUIL a insisté sur
le fait que la cause n'était pas locale, mais internationale, ou plus précisément, des pays développés.
Au Groenland, les habitants ne sont pas ouvriers ou employés, ils sont chasseurs (chasse = 70% du PIB).
Ce n'est pas la chasse au sens européen, mais au sens polaire ; la chasse inclue la pêche. Ils chassent
pour se nourrir et non pour le commerce international. La quantité d'animaux (ours polaires, renards, phoques...)
tués est infime, par rapport à la quantité que nous, en France et dans tous les pays industrialisés, produisant
du CO
2, nous exterminons. Le réchauffement en Arctique, fait fondre les glaciers et les banquises.
Les icebergs se livrent aujourd’hui à une danse lente et majestueuse sur les eaux grises.
Ce n'est pas seulement les abris des animaux que nous détruisons, mais c'est l'écosystème polaire entier.
Le krill, crustacé le plus abondant sur la planète, est à la base de la chaîne alimentaire, il se forme sous
la banquise. Sa population diminue en même temps que la surface glacière. En le faisant disparaître, ce sont
les phoques, qui s'en nourrissent, puis les ours qui vont s'éteindre.
Ce peuple épars de chasseurs et de pêcheurs est passé avec le colonisateur danois du néolithique à la modernité.
Mais ce que l'on ne dit pas, ou peu, c'est que la population et leur culture traditionnelle va évoluer d'ici les
prochaines années. Les habitants poussent leurs enfants à faire des études plutôt que de leur apprendre la pêche
et la chasse. Les jeunes sont obligés de partir à l'étranger pour les études supérieures mais cherchent
parallèlement à préserver leur culture à leur retour.
Nicolas Dubreuil a aussi expliqué, que ce n'est pas l'Arctique et la fonte qui va provoquer l'élévation du niveau
de l'eau. Un glaçon dans un verre, ne va pas provoquer l’augmentation du niveau du liquide quand il va fondre. Ce
sont les glaciers sur la Terre qui font un surplus.
L'Arctique (vaste Océan glacé de 14 millions de km²) est le bouclier blanc de la Terre, il permet de renvoyer une
grande partie de la chaleur vers le système solaire. Sa fonte pourrait encore accentuer le réchauffement climatique
général.
A la fin de la conférence nous avons évoqué avec Nicolas Dubreuil les gestes simples et les solutions possibles à
notre niveau pour lutter contre le réchauffement climatique. Certains élèves se sont alors engagés dans un atelier
scientifique au lycée La Mennais en lien avec le projet Comenius (consulter
le site du lycée ou
le site commun aux quatre lycées du projet).