Dans le cadre de la spécialité Humanités, Littérature et Philosophie, les élèves de première ont mené cette année un parcours structurant autour de la première partie du programme, « Les pouvoirs de la parole ». Conduit conjointement par les enseignants de lettres et de philosophie, ce travail a placé la formation du citoyen, la réflexion critique et la maîtrise de l’oral au cœur des apprentissages.
Le parcours a permis aux élèves de remonter aux origines antiques de la rhétorique, en découvrant comment la parole s’est constituée comme un outil fondamental de la vie politique, judiciaire et sociale. À travers l’étude de textes fondateurs et de grands discours qui ont marqué l’Histoire, les élèves ont pris conscience du pouvoir du langage : capacité à convaincre, à mobiliser, mais aussi à manipuler. Ils ont ainsi été amenés à interroger les responsabilités éthiques liées à la prise de parole dans nos sociétés contemporaines.
Cette réflexion s’est prolongée par des travaux d’écriture de discours, qui ont permis aux élèves d’apprendre à structurer une pensée, à construire une argumentation rigoureuse et à adapter leur parole à un destinataire. L’objectif était double : développer des compétences orales solides et former des esprits capables de défendre un point de vue de manière raisonnée et nuancée.
Une étape essentielle de ce parcours a été la sortie au tribunal judiciaire de Saint-Nazaire, en novembre. Les élèves ont assisté à plusieurs audiences correctionnelles, sous la présidence du Juge Talhouarn, découvrant concrètement la parole judiciaire comme instrument central de la démocratie.
Cette immersion a permis de mesurer l’impact réel des mots dans l’exercice de la justice et dans la vie citoyenne.
Pour clore ce travail, les élèves se sont livrés, en janvier, à une joute oratoire, inspirée de la tradition scolastique de la disputatio. Dans un cadre exigeant et respectueux de la parole de chacun, ils ont défendu et confronté des thèses opposées sur de grandes questions contemporaines :
Le mensonge est-il nécessaire ? Un monde meilleur est-il possible ? Qui veut la paix prépare la guerre ? Le développement des réseaux sociaux, un bonheur ou un fléau ? Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ?
Cet exercice a mobilisé à la fois l’écoute, l’argumentation, la maîtrise de la voix et la capacité à penser contre soi-même, compétences essentielles dans la formation du futur citoyen.
Ce parcours HLP a ainsi permis aux élèves de comprendre que la parole n’est jamais neutre : elle engage celui qui la prononce et participe à la construction du débat démocratique. En développant leur réflexion et leur aisance à l’oral, les élèves ont été invités à devenir des citoyens éclairés, capables de penser, de dialoguer et de prendre la parole de manière responsable.